Comprendre et enrichir le sol de son potager

Avant d’enrichir son sol, prenons le temps de comprendre notre sol potager pour mieux l’enrichir et avoir les plus beaux légumes. 

Le sol est une des grandes merveilles de notre planète, peut-être même LA plus grande merveille ! Il est si complexe, si diversifié, si riche, si vivant, si peuplé, que seul une infime partie est actuellement connue scientifiquement. Sur un seul gramme de sol vivant, des millions de micro-organismes vivent, transforment, digèrent, creusent, fertilisent, respirent, mangent, se font manger, meurent, enrichissent, transforment, minéralisent, vivent…vivant.  

Alors par où commencer quand on veut faire au mieux pour préparer en automne son sol potager du printemps prochain ? Quand on veut lui donner la meilleure nourriture qu’il soit, avoir de beaux légumes, sains, goûteux, remplis de santé, et bien sûr exempts de pesticides.

S’il y a beaucoup d’incertitudes, de méconnaissances sur notre sol comme sur notre univers, il y a une vérité établie, surtout en permaculture et en maraîchage sur sol vivant. Ce sont le sol et ses organismes vivant qu’il faut nourrir, pour qu’à leur tour ils nourrissent nos légumes. Cela au contraire d’une agriculture intensive, ou pire encore en hors-sol, où la préoccupation n’est plus de nourrir le sol mais de nourrir directement le légume sous perfusion d’engrais chimiques. Engrais standardisés, prélevés dans des gisements à travers le monde. Des légumes nourris et étudiés scientifiquement avec pour seules finalités une productivité accrue, un calibrage précis, un transport supportable pour le légume, une maîtrise des procédés, des coûts. Un légume immature qui n’aura pas le temps de développer ses arômes, de produire du sucre. Un légume sans goût (ou très peu soyons cléments), sans vie.

Oui, le goût dans ce procédé sous perfusion est la dernière des préoccupations. Il en est la première quand on jardine sur sol vivant. Donnons goût à nos légumes, donnons goût à la vie.

La différence est notable entre un légume nourrit sous perfusion d’engrais chimiques et un légume nourrit via les organismes vivants du sol. Attention à ne pas discriminer non plus la chimie, à être péjoratif avec ce mot. Tout est chimie, nous sommes chimie, molécules, atomes. Les légumes se nourrissent de chimie, qu’on le veuille ou pas. Ils assimilent des minéraux, des oligo-éléments, que ce soit via des engrais chimiques ou via le sol vivant. Là où la chimie pose problème, c’est quand elle se met à fabriquer des molécules potentiellement dangereuses pour la santé, des pesticides que nous ne voulons pas dans notre potager naturel et qui hélas deviennent indispensables quand on rend trop fragile un légume nourrit sous perfusion d’engrais.

En alimentation par le sol, la plante va aller chercher sainement et dans un équilibre « naturel » tous les minéraux qui se présentent à elle. Le cocktail est presque magique, explosif, encore aujourd’hui difficilement explicable. Chaque sol, chaque terroir, chaque terre, va apporter ses spécificités. Ses spécificités chimiques issues de la dégradation de la matière minérale et organique. Aussi, la plante trouvera dans cet écosystème les antibiotiques nécessaires à la plupart des maladies qu’elle pourrait développer. Tout comme notre système immunitaire, le légume développe le sien grâce au sol vivant et sa formidable biodiversité de microbes, de champignons, de bactéries, non pathogènes.

Au contraire dans une alimentation via des engrais, le légume va être « bombardé » de minéraux essentiels, surtout azotés. Cela aura pour conséquence de fortement déséquilibré les échanges électriques entre les racines et les éléments minéraux. Le légume risque d’être rapidement saturé de nitrate (sel) et va devoir se gorger d’eau pour se défendre. Sans parler de sa fragilisation, sa dépendance à l’armoire à pharmacie, les pesticides… Au final, on obtient ce que l’on voit trop souvent de nos jours sur les étals, un légume oui très joli, parfait d’apparence, répondant aux critères de l’industrie, mais rempli d’eau, sans saveur, sans odeur, moins riche nutritionnellement, sans résultante de vie du sol.

Mais hors de question de « cracher » sur cette industrie. Elle est nécessaire aujourd’hui pour nourrir des peuples et il est trop facile de jeter la pierre à une agriculture intensive qui certes n’est pas parfaite. Mais qui est parfait ? Qui peut prétendre avoir raison et l’autre tort ? Ce serait beaucoup de prétention. C’est beaucoup plus facile de défendre un maraîchage sur sol vivant dans son petit potager que sur des hectares. Dépensons de l’énergie à être « pour » une cause plutôt que contre une autre, quelle qu’elle soit.

Alors « pour » amender notre sol, le rendre fertile, riche, gourmand pour nos légumes, essayons d’en comprendre sa composition et son fonctionnement. Essayons de voir pourquoi un sol est fertile ou ne l’est pas. Parce qu’on a beau avoir toute la meilleure volonté du monde, vouloir se passer de pesticides et d’engrais, l’équation n’est pas aussi simple pour réussir à avoir de beaux légumes dans un potager 100% naturel et durable pour le sol, sans travail du sol.

Comprenons que deux grands mondes sont présents dans le sol. Le monde « minéral » et le monde « organique ». On ajoutera ensuite l’eau, l’air et nous avons quasiment tous les ingrédients. Il est capital de comprendre ces deux notions « minéral » et « organique » quand on se veut être un jardiner des temps modernes ! Cela va nous permettre de comprendre le mécanisme de fertilité du sol.

Le monde minéral représente 95% du sol. Mais nous le verrons, sans la matière organique, il ne sera pas fertile. Ici c’est la quantité mais pas la fertilité. Il est tout ce qui résulte de la dégradation de la roche mère, celle qui est sous nos pieds. Cette roche, différente selon les régions, va sous l’effet du temps, du vent, de la pluie, des microbes, des racines, s’altérer année après année, siècle après siècle, millénaire après millénaire.

Ainsi la roche devient caillou, le caillou devient gravier, le gravier devient sable, le sable devient limon, le limon devient argile. Et vous avez tout le cycle de dégradation, d’érosion, du monde minéral. Tout est une question de grosseur de particules. Le sol potager à sa surface, est composé des trois plus petites particules, sable, limon, argile. Nous parlons d’ailleurs de texture de sol pour savoir à quel type de sol nous avons à faire. Selon les proportions établies, un sol sera plutôt argileux, ou limoneux, ou sableux. Il faudra s’en accommoder, l’améliorer si besoin en est pour qu’il soit plus meuble, poreux, aéré.

Un sol idéal, qui générera une bonne porosité, qui aura une bonne pénétration de l’air, des racines, de l’eau, qui respirera, aura une texture avec les proportions suivantes : 40 à 50% de

sable, 30 à 35% de limon, et 15 à 25% d’argile. Dans ces proportions idéales, l’eau et l’air circulent parfaitement, l’argile retient les éléments essentiels, le sable améliore la porosité, le limon lie le sol. Vous pouvez faire le test que l’on appelle du bocal ou de la bouteille et vous allez voir les différents éléments minéraux de votre sol se séparer. Il vous suffit de prendre un bocal, le remplir à moitié d’eau et à moitié avec la terre de votre sol. Vous mélangez vivement, laissez reposer une journée et les éléments minéraux vont se séparer. D’abords les graviers et sables au fond du bocal, ensuite le limon et ensuite l’argile. A la surface, flottera la matière organique que l’on verra plus tard.

Voyons maintenant l’autre grand monde du sol, celui des matières organiques.

Elles représentent 0 à 10% du sol. Dans des sols pauvres elle est quasi inexistante, dans des sols riches, elle peut atteindre 7 à 10% du sol ! Les matières organiques sont tout ce qui résulte du vivant, le vivant animal et le vivant végétal. Elle est aussi caractérisée pour être combustible, oui elle brûle. Elle est formée autour d’un atome essentiel, le carbone, et sa liaison avec un autre atome, l’hydrogène. Elle est vivante (vous, moi),  morte, humide ou sèche, compostée, à moitié, ou pas du tout, rigide ou souple… Ainsi la matière organique peut représenter les feuilles, branches, brindilles, carton, essuie-tout, légumes, fanes de légumes, plantes, paille, foin, fumiers, composts, lisiers, purins, toutes les déjections d’animaux, les cadavres d’animaux, le sang, les os, les débris végétaux, l’herbe, l’urine, l’écorce, les poils, la sciure….

Cette matière organique joue un rôle fondamental dans le développement d’un sol vivant. Elle va nourrir les micro-organismes du sol, macrofaune, mésofaune, microfaune, vers de terre, champignons, bactéries, microbes… Elle va se lier à l’argile (monde minéral), une fois décomposée, pour former le CAH, le saint graal du sol vivant, le Complexe Argilo Humique. Autrement dit, elle va former de l’humus stable. L’humus étant la partie la plus riche du sol, la plus fertile, qui résulte de la décomposition de la matière organique par tous les organismes du sol, qui à tour de rôle dégradent cette matière organique. L’humus renferme en lui tous les éléments organiques, chimiques, qui vont se libérer, si minéraliser petit à petit pour vos légumes. Ainsi 2 à 3% de l’humus se minéralise chaque année pour nourrir nos légumes. Grâce au calcium notamment, et ses deux charges électriques positives, l’humus va pouvoir se lier avec l’argile, étant tous les deux de charges négatives. Le complexe argilo-humique (croisement des deux mondes, minéral et organique) se forme, lui permettant de résister à l’érosion, la pluie, le vent. Le sol s’aggrade ou lieu de se dégrader.

Seulement ces liaisons sont électriques. Pour l’eau, pour l’atmosphère, les liaisons sont bien plus solides. On ne casse pas l’eau comme cela… Par contre la fertilité du sol est très fragile avec ses liaisons électriques, et le labour, comme tout travail du sol d’ailleurs, aura vite fait de mettre sacrément à mal le complexe argilo-humique et la fertilité qui va avec.

Ainsi, sans matière organique vous n’aurez pas d’humus. Sans micro-organismes du sol, vous n’aurez pas d’humus. La seule bouée de sauvetage sera de fertiliser votre sol chaque année avec des fertilisants, engrais, à action rapide qui iront directement nourrir le légume sans nourrir le sol. Mais vous ne construirez en rien votre fertilité de demain, votre sol de demain.

La matière organique est donc un amendement roi pour développer un sol vivant. Attention cependant, c’est en milieu aérobie, oxygéné, qu’elle deviendra la future nourriture de nos légumes. Inutile de l’enfouir sous terre en milieu anaérobie. Même si vous avez vu passer la mode des buttes avec des troncs sous terre, cela vient d’autres pays, où les termites attaquent le tronc. Mais chez nous, c’est totalement inutile et source d’une grosse charge de travail pour peu de résultats.

Mais alors quelles matières organiques utiliser ? Entre du sang séché, de la poudre d’os et de la paille, il y a un grand écart de propriétés physiques, chimiques et biologiques ! Où se cache la fertilité dans ces éléments ?

Pour cela nous allons utiliser leur teneur en carbone et leur teneur en azote, en se servant du rapport utilisé partout dans le monde, le rapport carbone/azote, souvent abrégé C/N. « C » étant le carbone et « N » l’azote. Cette échelle va de 1 pour une matière très azotée (1g d’azote pour 1g de carbone) à 150 pour certaines pailles par exemple (1gr d’azote pour 150gr de carbone dans cette paille).

Tableau du rapport carbone azote des matières organiques
Matières organiques Carbone Azote
Urine  1 1
Sang  2 1
Sang  2 1
Poudre de sang, d’os  3-8 1
Défections, fèces  5-10 1
Légumes  5-10 1
Fiantes de volailles  10 1
Algues  15-20 1
Déchets de cuisine 10-25 1
Terre 10-20 1
Compost de fumier 10-20 1
Tonte fraîche 10-15 1
Fumier en tas 10-15 1
Fanes de légumes 10-20 1
Engrais verts de couverture 15-25 1
Epluchures de légumes 25 1
Foin 30 1
Compost maison 30 1
Fumier riche en paille 30 1
Aiguilles de conifères 30-80 1
Fleurs ou plantes coupées 25-30 1
Feuilles d’arbres 30-60 1
Pailles d’avoine, de blé 50-70 1
Taille haies, BRF 30-70 1
Ecorces 100-150 1
Papier – carton 100-200 1
Paille de céréales 100-150 1
Essuie-tout 150-250 1
Sciure 300 1

Essayons de faire simple. Plus une matière organique sera sèche, dure, ligneuse (paille, écorce, feuilles sèches, matière dure, friable, rigide, brune…), plus elle sera carbonée, plus elle aura un rapport carbone azote élevé (entre 60 et 300), plus elle mettra du temps à se décomposer. Mais plus elle va générer un sol « stable et fertile sur le long terme ». Comme souvent dans la vie, plus on prend le temps et plus le résultat est meilleur et durable. Je le rappelle c’est si important, les matières organiques carbonées vont se décomposer lentement et apporter un humus stable à votre sol. C’est votre fertilité de demain.

Rajoutons à cet avantage nourricier que faire un paillis de matières organiques va protéger votre sol de la pluie, du vent, de l’érosion, des températures extrêmes, des mauvaises herbes… Vous fournissez le gîte et le couvert aux habitants du sol. Et si ils ne sont pas présents, ils vont vite arriver !

Mais attention ! Jardiniers passionnés que nous sommes, oui nous souhaitons développer le sol de demain, mais nous souhaitons aussi des légumes au printemps prochain, et non dans quelques années !

Seulement les matières organiques sèches, carbonées, ont un inconvénient. Elles sont assez longues à se décomposer et à court terme elles requièrent plus d’azote que ce qu’elles en donne au sol ! Zut alors, on va à l’inverse de la fertilité sur du court terme ! Oui il faut savoir qu’en moyenne, il faut aux organismes du sol 4g d’azote pour décomposer 100g de carbone. Ou autrement dit, un apport de matières organiques va stimuler la vie microbienne, générer la production de nouvelles cellules qui demandera de l’azote.  Comme la paille a un rapport carbone de 1/100, elle est 100 fois plus carbonée qu’azotée, cela signifie que vous perdez 3 grammes d’azote tous les 100 grammes de carbone apportés ! Oui mais heureusement, à long terme, les organismes vont ensuite libérer de l’azote, la paille va se « décarbonée » et la roue est lancée, vous rentrez dans un cercle vertueux, mais qui prend du temps. Et le temps dans notre société moderne, je sais, ça vaut cher…

Alors comment rendre fertile notre sol « rapidement », pour le printemps prochain, nous jardiniers passionnés mais impatients que nous sommes ?!

Vient alors le rôle des matières organiques peu carbonées, vertes, fraîches. Celles-ci doivent-être apportées idéalement au printemps pour apporter une nourriture rapidement minéralisée par les organismes du sol, où à l’automne en les « mélangeant » avec les apports de matières organiques sèches.

Les composts, les tontes de pelouse fraîche, les fertilisants, seront emmenés à cette période printanières si l’on veut être sûr d’avoir un sol riche, ou si le sol n’est pas encore assez fertile des apports carbonés des années précédentes.Mais quoi qu’il en soit, il faudra toujours veiller à avoir un sol oxygéné.

Une bonne idée sera d’amender votre sol avec des matières ayant un équilibre carbone/azote modéré, aux alentours de 30 (C/N = 30), foin, fumier, compost. C’est d’ailleurs le rapport que l’on recherche quand on souhaite faire un compost. Il faudra toujours mélanger les matières organiques sèches et humides pour obtenir un rapport C/N de 30.

Vous vous souvenez, les organismes ont besoin d’azote pour transformer la matière organique en nourriture pour nos légumes. Ainsi avec un rapport de 30, vous leur en donnez assez pour ne pas épuiser le sol à court terme. Vous aurez ainsi des effets rapides et à la fois durables. On pense par exemple au fumier de cheval (mélange de paille et de déjections), au foin, au compost. Ces amendements sont équilibrés et vont enrichir votre sol. Que ce soit physiquement en le rendant plus lourd pour les sols sableux ou plus léger pour les sols lourds. En le rendant plus riche biologiquement, les micro-organismes vont être attirés, vont mieux travailler, vont se multiplier. En le rendant plus riche chimiquement, la minéralisation de la matière organique va augmenter.

Amender votre sol en matières organiques, qu’elles soient animales ou végétales, aura donc des effets extrêmement positifs sur la fertilité de votre sol, la structure de votre sol, à court et surtout long terme. Avant de voir une liste plus détaillée des amendements et fertilisants, je souhaite vous exposer un dernier point, celui du travail du sol ou non travail du sol, et son impact sur l’eau, l’oxygène et la vie du sol.

Le labour est encore beaucoup pratiqué aujourd’hui. On ne rentrera pas dans le détail des différents labours, prenons un labour moyen à 20cms de profondeur. Il est beaucoup pratiqué parce qu’il a plusieurs avantages. Il oxygène grandement le sol (sur du court terme en tout cas) améliorant ainsi la structure du sol avec une meilleure porosité permettant une bonne pénétration de l’air et de l’eau. Ainsi la minéralisation de la matière organique est accélérée puisque toutes les réactions du sol se font en milieu aérobie, oxygéné.

Le labour permet également de mieux gérer les mauvaises herbes, d’enfouir les restes de cultures, les engrais, et d’éviter une déperdition d’azote par volatilisation. Et puis le labour, c’est utiliser un tracteur, une grosse machine, le rêve nos premières années, le jouet que l’on veut sous le sapin. Aussi c’est toute une économie, du machinisme, et du pétrole. Et tout cela fait vivre beaucoup de monde, c’est beaucoup de lobbying… Voilà pourquoi le labour a encore de beaux jours devant lui même si déjà 30% des champs ne se labourent plus… L’agriculture progresse, ne soyons pas médisants à son encontre. Beaucoup d’agriculteurs, notamment ceux qui rentrent dans les nouvelles pratiques « d’agriculture de conservation des sols » sont très méritants.

Hélas le labour a de gros inconvénients. Le plus difficile à accepter quand on est imprégné d’une philosophie de sol vivant, de biodiversité, est que le labour explose le complexe argilo-humique, si fragile souvenez-vous avec ses liaisons électriques et à la fois si précieux. Ainsi l’argile n’est plus lié à l’humus, il se retrouve exposé (et explosé) à la pluie, au vent, à l’érosion. Aujourd’hui c’est calculé, on perd en moyenne 1mm de sol par an en agriculture, plusieurs tonnes par hectare, quand on en crée 0.1mm… Je vous laisse faire le calcul sur plusieurs siècles, ne serait-ce quelques décennies… Autre inconvénient, les vers de terre, surtout les anéciques, ceux qui labourent le sol à eux tout seul de haut en bas, ne remontent plus à la surface pour trouver leur nourriture, puisque celle-ci leur est emmenée en profondeur. Eux qui labourent la terre à eux tout seul… Le réseau de mycélium des champignons est explosé lui aussi. Au final, la biodiversité dans son ensemble est grandement perturbée. Le sol est fragilisé, part à la mer, meurt. Nous qui recherchons la vie…

Sans travail du sol, les micro-organismes vont aérer le sol mieux que n’importe qu’elle charrue. La fameuse structure « couscous » de cette terre riche et noire, n’est que la résultante d’une vie du sol foisonnante, à qui on aura emmené les meilleures conditions de vie, paillage, oxygène, eau, nourriture via les matières organiques. Les conditions de vie seront respectées et durables. L’humus va pouvoir se développer année après année à la surface du sol, pour retrouver un mimétisme avec le sol de la forêt.

Voyons un tout dernier point pour parfaitement maîtriser et comprendre votre sol, maintenant que vous savez qu’il est composé de sable, limon, argile, de matières organiques, de vie, micro-organismes en tout genre, macro-organismes, qu’il a besoin d’air, d’eau, et besoin d’être protégé par un paillage protecteur, nourrissant, sans labour.

Le sol a aussi besoin d’avoir un pH idéal. Tout comme l’eau de la piscine qui vire au vert si le pH n’est pas bon, la vie du sol est fortement dérangée si votre pH est trop basique ou trop acide. Sur une échelle de 0 à 14, le pH maraîcher souvent recherché est autour de 6.5, soit neutre ou très légèrement acide.

Ici par exemple, autour de la méditerranée, le sol est très argileux et calcaire. Le test est facile à faire. Vous mettez du vinaigre sur votre terre et si elle réagit c’est qu’elle est basique. Sinon elle est neutre ou acide. Les micro-organismes travaillent mille fois mieux dans un sol avec un bon pH. Il est donc, peut-être pas essentiel, mais intéressant de connaître le pH de son sol pour éventuellement lui incorporer quelques amendements qui auront vite fait de réguler son pH et ainsi donner les meilleures conditions de développement à la vie du sol. Il ne faut pas grand-chose. Regardez pour les piscines, il suffit de quelques centaines de grammes pour des mètres cubes d’eau. Le pH s’équilibre rapidement. Aussi de nombreux amendements possèdent la même capacité de réguler le pH des sols.

Voilà, j’espère que vous aurez compris votre sol. Ce qui nous permet maintenant de parler des amendements (qui ont pour but de nourrir le sol) et des fertilisants (bouées de sauvetage qui ont pour but non pas de nourrir le sol mais de nourrir la plante si votre sol est trop pauvre, trop jeune, manque encore de vie, manque de capacité à minéraliser la matière organique).

L’amendement va nourrir votre sol, l’améliorer, le structurer sur du long terme. Mettez-le en paillage sur votre sol, ou très légèrement enfouie sur les premiers centimètres. La vie du sol se fera un plaisir de l’intégrer définitivement dans la structure de votre sol.

Vous pourrez faire appel à deux types d’amendements, les amendements minéraux (issus du monde minéral) et les amendements organiques (issus du monde végétal ou animal).

Les amendements minéraux

Les amendements organiques végétaux ou animaux

Le basalte volcanique : Améliore les sols, qu’ils soient trop argileux ou sablonneux. Revitalise la vie du sol, très riche en oligo-éléments, silice, magnésium.

Argile bentonitique : Améliore les sols trop sableux.

La chaux magnésienne : controversée, mais souvent vendue pour améliorer les sols trop acides. Le PH s’équilibre et la vie microbienne peut mieux se développer.

La dolomie magnésienne : Elle remonte le pH des sols trop acides. Favorise la vie microbienne.

Le carbonate de calcium : Il réduit l’acidité des sols.

Vous pouvez trouver beaucoup d’autres amendements, des poudres de roches, des poudres de coquillages, d’herbes marines… Ces amendements auront une action lente sur le sol, favorisant la vie microbienne sur le long terme.

 

Toutes les matières végétales carbonées, essentiellement feuilles, paille, foin, tonte séchée. En paillage sur le sol. Avec le temps, formation d’un humus stable pour le sol. Vérifiez auparavant que votre sol soit humide, aéré, prêt à recevoir cette offrande !

Le carton, les essuie-tout, mouchoirs, papiers. À mélanger en petite dose avec des matières organiques plus vertes. Au compost ou en paillage.

Les fumiers. Il en existe beaucoup, de porc, de volaille, de bovin, de cheval… Je prendrai celui de cheval, le plus adapté au maraîchage. Lorsqu’il est assez pailleux et décomposé de quelques mois, il devient un véritable amendement, et le fait qu’il soit mélangé avec les déjections des chevaux, des matières organiques fraîches, il aura un double pouvoir, à la fois fertilisant à court terme, et d’amendement à long terme. Il va améliorer la structure du sol, augmenter toutes les fertilités, qu’elles soient chimiques, biologiques ou physiques.

Toutes les fanes de légumes, les déchets de cuisines, marc de café, déchets très humides, à mélanger aussi avec d’autres matières plus sèches pour éviter une pourriture si vous les accumulez en tas. Principe du compost, mélanger, mélanger, et encore mélanger. Diversifiez vos apports.

Les composts végétaux : Ils renferment beaucoup de vie, de microbes, ils vont inoculer votre sol, le structurer, le rendre plus poreux, plus aérer, avec une meilleure rétention à l’eau. Vous savez qu’un sol vivant peu absorber 50mm de pluie à l’heure quand un sol compacté en absorbe 5 ! On est proche de l’humus, mais l’humus lui est plus naturel et sans perte d’énergie.

Le compost de surface. Plutôt que de composter en tas, pour un sol mur, vivant, mettez vos déchets directement accessibles sur le sol pour la vie du sol. C’est de l’énergie disponible rapidement pour les organismes.

Les engrais verts : On est à la limite entre l’amendement et le fertilisant. Le rôle est surtout de semer ces engrais (phacélie, moutarde, trèfle, sarrasin…) pour ne pas laisser le sol à nu si vous n’avez pas assez de matière organique, et de faucher cet engrais par la suite pour rendre la matière au sol, gorgée d’azote notamment. Ainsi le sol sera fertilisé sur du court terme. Mais les racines de ces engrais ont aussi un rôle, et décompactent votre sol, l’améliorant sur la durée, et jouant donc un rôle d’amendement.

Le Bois Raméal Fragmenté : Assez controversé. J’en ai fait l’amère expérience en l’essayant sur une grande partie du potager en ayant  lu un article « pro BRF » mais ne mettant pas en garde sur tous les autres aspects. Le BRF consiste à utiliser des broyats de pousses de l’année. Par exemple, les haies que vous taillez chaque année, peuvent vous donner du BRF si vous broyez ces tailles. Seulement ces rameaux sont assez carbonés, et le sol risque de s’épuiser pour le digérer.  Au final, la première année, on se retrouve avec une véritable fin d’azote ! Le sol est plutôt moins que plus fertilisé. Mais sur du long terme, le sol s’enrichit. Alors encore une fois, pour éviter ce phénomène de fin d’azote, complétez un apport de BRF par un apport de compost, ou fumier, ou engrais azoté.

Passons maintenant aux fertilisants. Ils auront un rôle annuel, et seront minéralisés dans l’année, au profit de vos légumes, mais pas de votre sol. Notons tout de même qu’un sol bien structuré permettra à vos légumes de mieux assimiler les engrais. Comme quoi le sol même ici a son importance. Ainsi, le sang séché, la poudre d’os, les engrais minéraux, les engrais organiques… sont des fertilisants qui pourront être une « bouée » de secours sur un sol qui n’est pas encore assez fertile, prêt à répondre aux besoins nutritifs de vos légumes. Il ne faut pas les voir comme l’ennemi juré. Un engrais organique n’est pas un pesticide. C’est de la chimie, certes, mais je le répète, tout est chimie, la vie est chimie. La différence sera que les engrais ne sont que chimie et que la vie n’est pas que chimique, notamment celle de vos légumes, ouf ! Ils ont aussi besoin de chaleur, de soleil, de pluie, d’amour, de vous.

Les fertilisants, comme les amendements, sont séparables en deux grandes familles, les engrais minéraux, directement assimilables le jour même par le légume, et les engrais organiques, lentement assimilables sur l’année.

Fertilisants minéraux

Fertilisants organiques

Je ne vais pas les citer, c’est impossible. Il y en a des centaines dans le commerce, pour les tomates, les rosiers, les radis, les carottes… Beaucoup de marketing pour pas grand-chose. Le tout c’est de regarder leur proportion en azote, phosphore et potassium, le fameux triptyque NPK. Chacun aura des proportions différentes selon les apports en minéraux que vous souhaitez apporter à votre sol. 

Ils ont tous les mêmes propriétés, celle de fertiliser votre sol de façon éphémère et non de rendre votre sol fertile. Comprenez la différence, c’est une fertilisation artificielle que peut vous aider si votre sol n’est pas encore mature, riche, vivant, bien structuré.

Voici donc une liste, où la seule différence entre ces engrais organiques est la proportion de phosphore, azote, potassium.

La poudre d’os marine.

Le sang desséché.

Guano d’oiseaux, de chauve-souris….

Les purins d’orties, de consoude…

Corne broyée

Voilà, j’espère que cet article vous aura permis de mieux comprendre votre sol, sa composition, son fonctionnement, sa fertilité. Impossible de tout comprendre, le reste, c’est l’infini de la vie et de la terre, la nature qui nous domine. Essayons juste d’aller dans son sens, celui de la vie, de la diversité. Aggradons nos sols, nos potagers, apprenons à les aimer, à nous aimer. Et oui, loin de toutes analyses scientifiques, il paraît que l’on récolte ce que l’on s’aime… 😉

Vous pouvez me retrouver sur ma chaîne Youtube ici, vous  y abonner gratuitement, pour avoir accès à des vidéos sur la pratique d’un potager familial 100% naturel, vivant, et durable.

Au plaisir.

Olivier

Le compost de feuilles mortes est un excellent terreau pour votre potager. Il améliore la structure du sol.

Voici une vidéo vous montrant le résultat d’un compostage de feuilles durant plusieurs mois. Ces feuilles ont été auparavant passé à la tondeuse pour bien les broyer et accélérer le processus.

Le compost représente beaucoup dans un potager naturel. Il donne une valeur ajoutée à nos déchets, à ceux de l’environnement (feuilles, brindilles, tontes…). Il permet de grandement améliorer le sol, en le nourrissant, l’aggradant, ou en le paillant avec un compost utilisé plus jeune.

Une vidéo en deux parties, pour vous exposer dans une premier temps comment faire son compost, et par la suite, au travers du potager, regardons comment le compost joue son rôle d’améliorant pour le sol, pour les récoltes.

 

Figurez-vous qu’on a la chance d’avoir une personne sur terre qui a passé sa vie à étudier les vers de terre ! Dingue. Et quand il en parle, on sent toute la passion qui le fait vivre, la connaissance complète et totale du sujet. Il s’agit de Marcel Bouché.
 
C’est autant de lui que de vers de terre dont je vais vous parler. Et si vous êtes un fou de sciences du sol comme moi, vous pouvez même suivre sa formation en ligne dédiée à ces petites bébêtes… Plutôt que le match de foot ce soir, c’est une bonne alternative 🙂
 
 
D’ailleurs j’en profite pour faire un peu de pub pour cette chaîne Youtube « maraîchage sur sol vivant » qui nous fait bénéficier des dernières avancées scientifiques en techniques de maraîchage sur sol vivant. C’est intéressant même si c’est parfois compliqué. En gros, une confirmation se dégage sur les dernières avancées en sol vivant, COUVRIR SON SOL, ne pas rester à nu face au soleil, et une affirmation se débat un peu plus, la faim d’azote… Le rôle du carbone est passionnant et reste encore à être maîtrisé. Mais bon, ce n’est pas le sujet du moment, et vous pouvez toujours passer quelques soirées à regarder la chaîne pour en apprendre plus.
 
Revenons à nos vers de terre. Marcel Bouché avec tous ses travaux, a réussi à définir les quantités de vers de terre dans nos sols, grâce à des techniques qu’il a lui même construit et qui lui ont permis de mesurer précisément les quantités de vers dans nos sols. Plus d’une tonne par hectare en moyenne. En moyenne oui, car dans un sol en monoculture, labouré, la quantité tombe à quelques kilos…. et au contraire dans un sol vivant, bien nourri, bien cultivé, la quantité peut très bien monté à 3 tonnes ! 3 tonnes de vers de terre, et vous allez vite voir qu’ils ont un sacré impact sur la qualité du sol. 
 
Marcel Bouché a réussi à séparer les vers de terres en 3 grandes catégories:

Les épigés qui restent à la surface, de couleur assez foncée, sélection naturelle oblige. Cela leur permet de se fondre avec la couleur des feuilles notamment, et d’éviter de se faire manger tout cru par les prédateurs.

Les endogés, eux, travaillent en horizontal, mais sous terre, à environ 20 à 30 centimètres.

Et les plus courants, les anéciques, qui eux travaillent en vertical. Leur rôle est certainement le plus important, on y reviendra.

Bien sûr, Marcel Bouché est allé bien plus loin, a répertorié des centaines d’espèces, de sous-espèces. Il a fait des prélèvements partout en France pour voir les différences et les points communs, a corrélé tout cela avec les époques géologiques. Comment par exemple expliqué qu’on retrouve les mêmes vers de terre en région cote d’azur et en Corse. Parce que la méditerranée a baissé à une époque lointaine, permettant aux vers de terre de traversé sans nager, parce que nager ils ne savent pas 🙂
 
Je me suis permis de faire une capture d’écran sur une diapo qui m’a marqué, il a mis à la surface le nombre de vers de terre dans un m². Regardez, c’est très parlant. On comprend que cela est loin d’être négligeable ! Et dire qu’en labourant on met la pagaille dans tout cela. Et oui, il faut bien comprendre qu’en retournant le sol, les vers de terre épigés se retrouvent sous terre et les endogés à la surface ! Alors qu’ils ne vivent pas dans le même écosystème… Sans compter les prédateurs qui se ruent sur les champs sitôt la charrue passée…
 
Revenons aux rôles du vers de terre.
 
Premier rôle, ils mangent la matière organique pour en faire de l’humus. Et oui les vers de terre sont des usines à décomposition ! Les épigés mangent la matière organique sur le sol, les endogés sous le sol, et les anéciques ont le rôle fabuleux de mélanger matière minérale et matière organique pour aboutir au fameux complexe argilo humique, le CAH. EN CLAIR, les vers de terre STABILISENT, STRUCTURENT, et aèrent le sol ! Vous vous rendez compte la plus-value apportée par cette macro-faune. Le sol sera plus poreux grâce aux galeries, il retiendra l’eau, le cycle de transformation de la matière organique est optimisé, le sol est lié, il ne part pas à la mer à la moindre pluie, le « lessivage » est atténué, les bactéries n’ont plus qu’à minéraliser les la résultante de ce travail pour nourrir plantes et légumes.
 
Alors je dis deux choses au final. Bravo Mr Bouché pour votre travail, et plus encore pour la passion qui vous anime sur ce sujet. Et ensuite, bravo aux vers de terres qui à eux tout seul, participent grandement à la richesse d’un sol vivant.
 
Il y aurait encore beaucoup plus à dire, la diapause des vers de terre par exemple, que Mr Bouché a réussi à dater au jour précis du 28 mai ! date à laquelle les vers de terre se mettent en pause, en boule, jusqu’à l’automne, nouveau moment propice, riche en nourriture tombé du ciel, enfin des arbres plus exactement :-), pour se nourrir. L’été il fait trop chaud, les journées sont trop longues, le risque de se faire manger est trop grand 🙂
 
Voilà, alors désormais quand vous voyez un vers de terre pointer le bout de son nez au printemps ou à l’automne, surtout ne le déranger pas, il travaille pour vous. Et pensez à lui apporter le gîte et le couvert notamment à l’automne, si vous voulez qu’il vienne vous rendre visite.
 
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Olivier.
Au jardin d'Olivier
 
 
 
 
 

Le compost, l’or noir du jardin!
 
Le compost est la résultante de l’action de multiples micro-organismes, bactéries, qui vont transformer vos déchets en nourriture directement assimilable pour votre sol.
 
C’est tout simplement fabuleux et magique ! En compostant vous allez :
 
  • Réduire considérablement vos déchets, de 20 à 30% en triant comme il se doit, on y reviendra plus tard.
  • Fabriquer un engrais organique gratuit ! Quand on voit le prix des sacs de compost en jardinerie…
  • Fabriquer un paillage extrêmement diversifié lorsque vous utiliserez le compost jeune, non décomposé.
  • Nourrir votre sol avec une nourriture très riche, comme si nous, nous allions faire un restaurant 3 étoiles ! Et tous les jours !
  • Structurer le sol. Le compost va alléger les terres argileuses, donner de la consistance aux terres sableuses, mieux retenir l’eau, réchauffer plus facilement le sol.

Alors pourquoi se priver de composter ?!

Comme tout principe, et surtout en jardinage, il y a les  » pour  » et les  » contre « . Oui, il y a des personnes qui pensent que composter est une perte, perte d’énergie, perte de temps. Autant donner au sol les déchets directement tels qu’ils sont, sans compostage auparavant. On appelle cela d’ailleurs du compostage de surface. Nous verrons plus tard que ce type de compostage est surtout réalisable sur un sol vivant, capable de digérer des matières organiques fraîches et non décomposées.

Au potager d’Olivier,  les deux méthodes sont pratiquées, compost en tas et de surface. La résultante du compost en tas est tellement nourrissante pour le sol. Son rôle d’amélioration pour la structure du sol est très important pour le sol du potager qui demande encore et toujours à être amélioré. Aussi, il est mit souvent des déchets très légèrement broyés ou découpés à même le sol, qui eux apporteront de la nourriture à d’autres micro-organismes ou macro-organismes, et auront aussi leur place dans le système permaculturel.
 
Comment obtenir un bon compost ?
 
Vous trouverez beaucoup de sources sur le net qui peuvent vous aider. Il est fait part ici de l’expérience concrète issue du potager familial.
Un compost, comme beaucoup de chose dans la nature, aime la diversité. Diversité des matières organiques apportées. Un principe est à respecter, il faudra respecter un équilibre carbone-azote pour avoir un indice moyen de « 30 » dans votre tas de compost.
 
En effet, votre compost pourra être issue de matières sèches (carbonées) et de matières humides (azotées). Chaque matière a un « indice de rapport carbone/azote » dont il faudra tenir compte pour avoir au final un mélange de matières organique assez équilibré (voir tableau ci-dessous).
 
Les matières humides, vertes, déchets de cuisines, tontes de gazon, les fumiers, ont un rapport faible en carbone, avec un indice de 5 à 15.
 
Il faudra donc équilibrer ces matières avec des matières sèches, plus carbonées, des matières souvent marrons, vous aurez ainsi les feuilles mortes, le carton, rouleaux de PQ, essuie-tout, des broyats de haie, branchage, de la paille…. Ces matières ont un rapport carbone beaucoup plus élevé, avec des indices allant de 50 à 150.
 
Voici un petit récapitulatif dans le tableau ci-dessous des matières organiques avec leur rapport carbone / azote. Rappelez-vous, l’équilibre recherché est de 30, et quitte à être déséquilibré, il faudra mieux être au dessus qu’en dessous, c’est à dire avoir un compost plutôt trop sec que trop humide, sinon vous risquez de générer de la pourriture.
 

Matières carbonées

  • Paille de 80 à 150
  • Sciure jusqu’à 500
  • Papier / carton 100
  • Feuilles sèches 60
  • Broyat de jeunes rameaux 100

Matières azotées

  • Fumier frais 20 à 30
  • Déjections animales 15
  • Matières végétales vertes 10
  • Déchets de cuisines 15 à 25
  • Urine ! 1
  • Gazon 10
 
Alors inutile de sortir la calculette, de peser. Avoir juste à l’esprit qu’un compost fait uniquement de matières azotés, vertes, risque de se putréfier, de manquer d’oxygène, de structure. Le rapport sera en dessous de 30.
 
Quitte à avoir un excès, il vaut mieux donc qu’il soit en matières carbonées. En effet, un compost carboné, par exemple, fait uniquement de feuilles mortes, finira toujours par se décomposer, et sera même d’une remarquable stabilité. Au contraire un tas de compost uniquement azoté va pourrir.
 
Ici une vidéo réalisée dans le potager avec ces principes repris avec des exemples.
 
 
Le contenant doit respecter un seul principe, être en contact direct avec le sol, pour permettre aux micro-organismes, bactéries, de faire le boulot de décomposition !
 
Voilà, il y a aurait encore beaucoup à dire sur le compost, mais le principal y est. Des articles vidéos dans l’année, seront à paraître, pour vous montrer comment est utilisé le compost au jardin au cours d’une saison.
 Au jardin d'Olivier